Bernard Moninot
Silent - Listen
Galerie Baudoin Lebon, Dessin, Paris, France
jeudi 24 mai 2012 - samedi 7 juillet 2012 - Evénement terminé.
La galerie dévoile les œuvres récentes de Bernard Moninot : un ensemble de dessins sur soie ou organza réalisés entre 2010 et 2012 (graphite, acrylique, lumière et ombres portées). Les œuvres réunies procèdent des modèles de deux dessins dans l’espace : « Silent-listen » 2010 et « Antichambre » 2011-12. Une monographie sur l’œuvre de l’artiste, rédigée par Jean Christophe Bailly (prix Décembre 2011) et publiée par André Dimanche éditeur, sera présentée dans le cadre d’une dédicace.
"L'œuvre de Bernard Moninot ne rentre dans aucune des grandes catégories expressives. Bien qu'elle travaille avec la pigmentation, elle ne ressortit pas à la peinture, bien qu'elle se déploie dans l'espace, elle ne se donne pas à percevoir en tant que sculpture et enfin elle ne relève pas véritablement de ce que l'on entend par installation. Le plus juste serait de dire qu'elle est de l'ordre du dessin: mais un dessin élargi (au sens où Novalis avait pu parler de 'poésie élargie') …» J.C. Bailly
La galerie baudoin lebon participe aux Journées Nomades et ouvrira ses portes le jeudi 31 mai jusqu’à 22h pour la Nuit des Galeries où l’artiste sera présent pour une séance de signature.
En parallèle, Bernard Moninot présentera Prosopopée à la galerie Catherine Putman, du 5 mai au 16 juin 2012, ainsi que Dessin dans l’espace au musée Jean Cocteau de Menton, Collection Séverin Wunderman, à partir du 23 juin 2012. L’artiste participe par ailleurs aux expositions Le Dessin Phénoménal au LAAC de Dunkerque (12 mai - 19 septembre 2012) et Les Amitiés Végétales à la Saline Royale d’Arc et Senans (1 juin - 21octobre 2012).
Bernard Moninot
"Depuis plusieurs années je dessine avec des phénomènes, et je prospecte pour trouver d'autres moyens de mettre en oeuvre mon travail, le faire évoluer et le réfléchir.
Ondes sonores, résonances, mouvements vibratoires de poussière ou de pigments volatiles, produits par l'impact d'un coup de marteau, ou diapasons pour transférer et fixer mes traits sur des verres préparés. Dessins d'ombres portées à même le mur, la lumière étant le vecteur de figures ( dessins obstacles ) réalisées avec des structures de cordes de piano, de verre, de plexi, ou de mica, soumis à l'éclairage directionnel d'une lampe ( les studiolos ). Ainsi je me suis éloigné peu à peu des notions de tracés ou d'empreintes, liées au dessin déposé par un geste ( trajet sur un support déployé dans une durée ).
Le caractère précaire et instantané de mes travaux d'ombres me permet de concevoir des oeuvres où l'instant de l'apparition de l'image et le temps de sa fabrication ne font qu'un. D'autres travaux que je mène parallèlement procèdent autrement ( en plein air ) : je collecte dans différents lieux du monde ( jardins, paysages, déserts) la mémoire du vent. Pour cela, j'ai mis au point un appareil capteur très simple qui recueille dans des boites de verre de chimie, préalablement obscurcies avec du noir de fumée, le dessin que fait dans l'air la pointe de certains végétaux.
Saisir ce mouvement, le faire "se dessiner", nécessite d'appréhender simultanément un ensemble de paramètres complexes nature du lieu, direction, impulsion, vitesse du vent, structure du végétal, variabilité du champ de son oscillation- afin de situer la partie de la plante pouvant peut-être tracer. Toutes les plantes ne peuvent pas dessiner, là encore à certains moments seulement quelque chose a lieu et se prête à l'écriture du vent.
Souvent l'improbable figure ne se produit pas?
Les dispositifs que je mets en place, les outils, ainsi que les instruments capteurs me permettent, plutôt que de la concevoir, de faire advenir le dessin."