Exposition Collective
Le Louvre invite J. M. G. Le Clézio – Le Musée monde
Musée du Louvre, Mixed-média, Paris, France
samedi 5 novembre 2011 - lundi 6 février 2012 - Evénement terminé.
Après avoir reçu notamment Patrice Chéreau, Umberto Eco et Pierre Boulez, le musée du Louvre invite cette année Jean-Marie Gustave Le Clézio à poser un regard nouveau sur les collections du musée, avec une programmation pluridisciplinaire dans les salles du musée et à l’auditorium. Le grand invité initie cette fois le dialogue avec ce postulat « les musées sont des mondes » Renouant avec la notion de cabinet de curiosités et répondant à la thématique « Les musées sont des mondes » souhaitée par J.M.G. Le Clézio, cette exposition présente des œuvres anciennes et contemporaines provenant d’Haïti, du Mexique, d’Afrique ou de Vanuatu
Afin de répondre à la thématique de « musée monde », de traduire en oeuvres les propos et les souhaits de J-M. G. Le Clézio, et puisqu’il n’y a pas pour lui de « hiérarchie en art », voisineront dans l’exposition de la Salle de la Chapelle, des oeuvres aussi diverses que les nattes du Vanuatu, les tableaux haïtiens, une tête Ifé du Nigeria, des tableaux du XVIIIe, sur la révolution, des ex-voto mexicains, effaçant ainsi les frontières entre les époques, les civilisations, entre art et artefact. Enraciner cet élargissement patrimonial dans l’histoire originelle du musée du Louvre qui abrita de nombreux chefs-d’oeuvres ethnographiques jusqu’en 1879, anciennement rassemblés dans le musée Dauphin, puis dans le musée de la Marine, permet de mieux cerner la cohérence des oeuvres sélectionnées. Cette exposition renoue avec la notion de « cabinet de curiosité » et, en lien direct avec l’univers littéraire développé par J-M. G. Le Clézio, privilégie quatre zones : Afrique, Mexique, Vanuatu et Haïti. Chacune des sections prend appui sur une base historique ou comparative, avec les collections du musée du Louvre, du Quai Branly ou des emprunts au XXe siècle et se voit ponctuée de contrepoints contemporains (Camille Henrot, Bertrand Lavier, Betsabeé Romero, Pascale Marthine Tayou, Hervé Télémaque, Jean-Michel Basquiat).
De même que pour André Malraux, pour J.M.G. Le Clézio, il n’y a pas de « hiérarchie en art ». Ainsi, l’exposition renoue avec la notion de cabinet de curiosités et réunit pêle-mêle un ensemble d’oeuvres aussi diverses que des peintures historiques, des gravures révolutionnaires, des peintures haïtiennes, des nattes du Vanuatu, des objets vaudou, des ex-voto mexicains, des objets ethnographiques de différentes civilisations et des oeuvres contemporaines, transcendant les frontières temporelles ou géographiques pour mélanger, selon un même point de vue, art populaire et art majeur.
Ce « pas de côté » que J.M.G. Le Clézio propose par rapport au périmètre patrimonial du musée du Louvre se justifie par sa cartographie littéraire, par ses engagements et sa sensibilité personnelle. Un tel écart n’est cependant pas incohérent en regard de l’histoire originelle du musée du Louvre, et la présence de ces oeuvres n’apparaît ni insolite ni anecdotique si l’on se souvient que le Louvre abrita le musée de la Marine, composé entre autres du premier musée ethnographique et de celui des Amériques, dont les collections constituent désormais le musée du Quai Branly et le musée de l’Homme.
En lien direct avec l’univers littéraire développé par J.M.G. Le Clézio, l’exposition privilégie quatre zones : Afrique, Mexique, Vanuatu et Haïti. Des ponts formels, historiques ou esthétiques seront mis au jour afin que ces territoires puissent être de véritables « zones de contact ».
Commissaire(s) : Marie-Laure Bernadac, conservateur général, chargée de mission pour l’art contemporain au Louvre, assistée de Pauline Guelaud.